Survivant de Chuck Palahniuk (1999)

par Yannick Françoise
24’28

Un Boeing 747 en pilotage automatique et au bord de la panne sèche fonce à 13 000 mètres d’altitude vers l’Australie où il va immanquablement s’écraser. À son bord une seule personne, Tender Branson, dernier survivant d’une secte démente qui a détourné l’avion et en a largué tous les passagers en route. Difficile d’imaginer un huis-clos plus terrifiant en forme de compte à rebours. Branson sait qu’il va vers une mort certaine et confie ses dernières réflexions à l’anonyme boîte noire, la seule chose plus ou moins assurée de lui survivre. Le roman lui-même est construit à rebours, commençant par le chapitre 47 pour finir au bout du décompte fatal par le chapitre 1 au bord du crash annoncé. Une fable surprenante qui renvoie une image curieuse, mais finalement assez fidèle de notre société contemporaine.

Cette pièce de Yannick Françoise s’inspire donc du livre Survivant de Chuck Palahniuk, de son ambiance et de sa violence.

« Je n’ai pas voulu faire, écrit Yannick Françoise, une illustration sonore de tous les chapitres mais plutôt dépeindre la complexités des personnages principaux. J’ai voulu créer une pièce avec plusieurs sous parties comme des chapitres basés sur ma perception de la lecture de cet ouvrage. Dans cette mise en abyme, le temps qui passe a beaucoup d’importance, avec ses ellipses et ce compte à rebours, comme un fil rouge, qui crée de la discontinuité dans le récit. J’ai tenté de la traduire musicalement en créant des changements de rythme et des contrastes. Les asymétries rythmiques se multiplient à mesure que l’inexorable fin approche et que la partition se précipite… »

Références musicales : Fantomas, Napalm Death, John Zorn…

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